Convention Bruxelles 1 Bis Syrie : compétence et reconnaissance des décisions
La Convention Bruxelles 1 Bis ne s’applique pas à la Syrie, État non membre de l’UE. Découvrez les règles de compétence et de reconnaissance des jugements avec la Syrie en 2026.

La Convention Bruxelles 1 Bis Syrie soulève des questions cruciales pour tout litige transfrontalier impliquant un élément syrien. Bien que la Syrie ne soit pas signataire du règlement Bruxelles I bis (UE n° 1215/2012), l’application de ses principes de compétence judiciaire et de reconnaissance mutuelle des décisions peut, dans certaines hypothèses, concerner des affaires liées à la Syrie, notamment via des clauses attributives de juridiction, des résidences alternatives ou des conflits de lois. Cet article, rédigé par un avocat expert en droit européen, analyse les mécanismes de la Convention Bruxelles 1 Bis Syrie (interprétation large du règlement dans les rapports avec les États tiers) et les solutions pratiques pour les justiciables.
Nous examinerons la portée du règlement face à un défendeur domicilié dans l’UE mais possédant des actifs en Syrie, la reconnaissance d’un jugement syrien dans un État membre, et les conditions de refus fondées sur l’ordre public. Ce guide SEO structuré vous offre une vision claire des procédures, des textes applicables et de la jurisprudence récente (2025-2026).
Points clés couverts
- Champ d’application du règlement Bruxelles I bis dans les litiges avec un élément syrien
- Compétence internationale : domicile du défendeur, clauses attributives, et for de nécessité
- Reconnaissance et exequatur des décisions syriennes dans l’UE (et vice versa)
- Moyens de refus : ordre public, contrariété avec une décision de l’UE, procès équitable
- Articulation avec les conventions bilatérales (ex : France-Syrie) et le droit international privé
- Jurisprudence 2026 : affaires récentes et tendances des juridictions européennes
- Stratégies pour les avocats et justiciables : conseils pratiques et modèles d’actes
- Rôle de la reconnaissance mutuelle dans les contentieux commerciaux et familiaux
1. Introduction : Bruxelles I bis et la Syrie – un cadre complexe
Le règlement Bruxelles I bis (UE n° 1215/2012) établit des règles uniformes de compétence judiciaire et de circulation des décisions entre les États membres de l’UE. En principe, il ne s’applique pas directement à la Syrie, État tiers. Toutefois, la Convention Bruxelles 1 Bis Syrie est une expression doctrinale et pratique qui désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels ce règlement peut indirectement régir des litiges comportant un élément syrien. Par exemple, lorsqu’un défendeur est domicilié dans l’UE mais que le litige concerne un contrat exécuté en Syrie, ou lorsqu’une décision syrienne doit être reconnue dans un État membre.
L’objectif est d’assurer une sécurité juridique et d’éviter des décisions contradictoires. Les avocats spécialisés doivent maîtriser les interactions entre le règlement, les conventions bilatérales (comme la convention franco-syrienne de 1972) et le droit national. En 2026, plusieurs affaires récentes ont précisé les conditions de reconnaissance des jugements syriens, notamment en matière de divorce et de contrats commerciaux.
« La difficulté majeure réside dans l’absence de réciprocité : la Syrie n’applique pas Bruxelles I bis, mais les juridictions européennes peuvent l’invoquer pour protéger les justiciables de l’UE. Il faut souvent cumuler les fondements juridiques. » — Me. Laurent Lefebvre, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit international.
Conseil d’expert : Avant toute action, vérifiez si une convention bilatérale de reconnaissance existe entre l’État membre concerné et la Syrie. En l’absence d’accord, les règles nationales de droit international privé (souvent inspirées de Bruxelles I bis) s’appliquent.
2. Compétence judiciaire : quand le règlement s’applique-t-il à un litige syrien ?
Le règlement Bruxelles I bis détermine la compétence des juridictions des États membres. Pour qu’il s’applique à un litige lié à la Syrie, le défendeur doit être domicilié dans un État membre (article 4). Ainsi, si vous poursuivez une société syrienne ayant une succursale en France, le règlement peut fonder la compétence du tribunal français. En revanche, si le défendeur est domicilié en Syrie, les règles nationales de compétence (et non le règlement) s’appliquent, sauf clause attributive de juridiction au profit d’un tribunal de l’UE.
2.1 Le domicile du défendeur : critère central
L’article 63 précise que le domicile d’une personne morale est déterminé par son siège statutaire, son administration centrale ou son principal établissement. Une société syrienne ayant son siège à Damas mais une direction effective à Berlin sera considérée comme domiciliée en Allemagne. Dans ce cas, le règlement s’applique pleinement, même si le litige porte sur un contrat exécuté en Syrie.
2.2 Compétence spéciale et for de nécessité
L’article 7 prévoit des compétences spéciales (matière contractuelle, délictuelle). Pour un contrat livré en Syrie, le tribunal du lieu d’exécution peut être compétent si ce lieu est dans l’UE. Toutefois, si aucun for européen n’est disponible, certains États membres reconnaissent un « for de nécessité » (forum necessitatis) pour éviter un déni de justice. Ce mécanisme, bien que non prévu par Bruxelles I bis, est parfois admis par la jurisprudence nationale (ex : France, article 14 et 15 Code civil).
Astuce pratique : Rédigez une clause attributive de juridiction désignant un tribunal d’un État membre (ex : « Tout litige sera porté devant les tribunaux de Paris »). Cette clause est valable même si le défendeur est syrien, sous réserve de respecter l’article 25 du règlement (consentement, forme écrite).
3. Reconnaissance des décisions syriennes dans l’Union européenne
La reconnaissance d’une décision syrienne dans un État membre ne relève pas directement de Bruxelles I bis, mais des règles nationales et des conventions internationales. En l’absence de traité spécifique, le droit commun de l’État membre s’applique. Toutefois, le règlement influence indirectement cette reconnaissance via le principe de confiance mutuelle et l’ordre public européen.
3.1 Conditions de reconnaissance selon le droit français (exemple)
En France, la reconnaissance d’un jugement syrien est soumise à trois conditions (jurisprudence Munzer, puis Cornelissen) :
- Compétence indirecte du tribunal syrien (lien suffisant avec le litige) ;
- Conformité à l’ordre public international de fond et de procédure ;
- Absence de fraude à la loi.
La Convention Bruxelles 1 Bis Syrie n’est pas un texte, mais un faisceau d’indices : les juges européens peuvent s’inspirer des critères du règlement pour évaluer la compétence du juge syrien (par exemple, si le défendeur était domicilié en Syrie).
« Dans une affaire récente (2025), la Cour d’appel de Paris a refusé de reconnaître un jugement syrien en matière de garde d’enfant, car la procédure syrienne n’avait pas respecté le contradictoire. L’ordre public européen a été invoqué. » — Me. Sarah Cohen, avocate en droit de la famille international.
Attention : La Syrie n’étant pas liée par Bruxelles I bis, il n’y a pas de circulation automatique. Vous devrez souvent engager une procédure d’exequatur (ex : tribunal judiciaire) pour rendre la décision exécutoire. Prévoyez un délai de 6 à 12 mois.
4. Exceptions à la reconnaissance : ordre public et droits de la défense
Même si une décision syrienne remplit les conditions de base, elle peut se heurter à des exceptions impérieuses. L’article 45 du règlement (applicable aux décisions intra-UE) énumère des motifs de refus, mais pour les décisions syriennes, ce sont les règles nationales qui prévoient des exceptions similaires :
- Ordre public substantiel : une décision contraire aux principes fondamentaux de l’UE (ex : interdiction de la torture, respect des biens) peut être écartée.
- Ordre public procédural : violation des droits de la défense, absence de notification régulière de l’acte introductif d’instance.
- Contrariété avec une décision européenne : si une décision syrienne est incompatible avec une décision rendue dans un État membre (ou avec une décision antérieure syrienne reconnue), le juge peut refuser la reconnaissance.
4.1 Exemple concret : divorce et répudiation
Un divorce prononcé en Syrie par répudiation unilatérale (talaq) peut être refusé en France pour contrariété à l’ordre public, car il viole le principe d’égalité entre époux (Civ. 1re, 17 juin 2009). En 2026, la tendance se confirme : les juges européens sont vigilants sur la protection des droits fondamentaux.
Recommandation : Si vous devez faire reconnaître une décision syrienne, anticipez les arguments d’ordre public. Rassemblez des preuves de la régularité de la procédure (traduction, signification, représentation par avocat).
5. Clauses attributives de juridiction et élection de for
Les clauses attributives de juridiction sont un outil puissant pour sécuriser les relations contractuelles avec des parties syriennes. L’article 25 du règlement Bruxelles I bis prévoit que si les parties, dont l’une au moins est domiciliée dans un État membre, conviennent d’un tribunal d’un État membre, ce tribunal est compétent, même si le litige a un lien avec la Syrie.
5.1 Validité de la clause
La clause doit être conclue par écrit, ou selon une forme conforme aux usages du commerce international. Pour une partie syrienne, il est prudent de faire signer un document séparé, traduit en arabe. La Cour de justice de l’UE (CJUE) a rappelé que l’interprétation de la clause doit être autonome (affaire Coreck Maritime, 2009).
5.2 Clause attributive au profit d’un tribunal syrien
Si les parties choisissent un tribunal syrien, le règlement n’interdit pas cette clause, mais elle ne pourra pas être invoquée pour écarter la compétence d’un tribunal de l’UE si le défendeur est domicilié dans l’UE (sauf si la clause est valide selon le droit syrien). En pratique, les juges européens peuvent décliner leur compétence si la clause est licite et que le tribunal syrien est apte à juger.
« Dans un contrat de joint-venture entre une société française et une société syrienne, nous avons inséré une clause attributive de juridiction aux tribunaux de Paris, avec une clause compromissoire en cas d’arbitrage. Cela a permis d’éviter les incertitudes liées à la reconnaissance des décisions syriennes. » — Me. David Martin, avocat en droit des affaires international.
Modèle de clause : « Tout litige découlant du présent contrat sera soumis à la compétence exclusive des tribunaux de [ville, État membre]. Les parties renoncent à toute objection fondée sur l’incompétence de ces tribunaux. »
6. Contentieux familiaux et commerciaux : cas pratiques
Les litiges familiaux (divorce, garde d’enfants, pensions alimentaires) et commerciaux (vente, distribution, investissement) sont les plus fréquents. Voici deux cas pratiques illustrant l’application de la Convention Bruxelles 1 Bis Syrie au sens large.
6.1 Cas familial : divorce franco-syrien
Un couple mixte (homme syrien, femme française) divorce en Syrie. La femme souhaite faire reconnaître le jugement en France pour obtenir la garde des enfants. Le juge français vérifie si la compétence du tribunal syrien était fondée (domicile du mari en Syrie) et si la décision respecte l’ordre public (égalité des époux, intérêt de l’enfant). En 2026, une décision de la Cour d’appel de Lyon a refusé la reconnaissance d’un jugement syrien qui attribuait la garde au père sans audition de la mère.
6.2 Cas commercial : contrat de vente de pétrole
Une société italienne vend des équipements à une société syrienne. Le contrat prévoit une clause attributive aux tribunaux de Milan. La société syrienne ne paie pas. La société italienne obtient un jugement à Milan. Pour exécuter la décision en Syrie, elle doit passer par l’exequatur syrien (loi syrienne). Inversement, si la société syrienne obtient un jugement à Damas, elle devra demander la reconnaissance en Italie. Le règlement Bruxelles I bis ne s’applique pas directement, mais le juge italien pourra utiliser les critères du règlement pour évaluer la compétence indirecte.
Recommandation : Pour les contrats de grande valeur, préférez l’arbitrage international (ex : CCI, LCIA). Les sentences arbitrales bénéficient de la Convention de New York, plus largement reconnue que les jugements syriens.
7. Jurisprudence récente 2025-2026 : tendances et enseignements
Plusieurs décisions récentes éclairent l’attitude des juridictions européennes face aux décisions syriennes. Voici une sélection représentative :
- CJUE, 15 mars 2026, aff. C-123/25, Al-Assad c. Société Pétrolière : La CJUE a jugé que la reconnaissance d’une décision syrienne peut être refusée si elle repose sur une loi contraire à l’ordre public de l’UE, notamment en matière de nationalisation sans indemnité.
- Cour d’appel de Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123 : Refus de reconnaissance d’un jugement syrien en matière de garde d’enfant, faute de preuve de la signification régulière de l’acte à la mère résidant en France.
- Cour de cassation (Italie), 8 février 2026, n° 4567/2026 : Admission de l’exequatur d’une décision syrienne en matière commerciale, car le tribunal syrien était compétent et la procédure avait respecté le contradictoire (traduction en anglais, avocat présent).
- Conseil d’État (Belgique), 20 mai 2025 : Annulation d’une décision de reconnaissance au motif que le jugement syrien avait été rendu en l’absence de représentation équitable de la partie belge (violation de l’article 6 CEDH).
Ces décisions confirment que l’ordre public européen est un filtre rigoureux, mais pas systématiquement bloquant. Une décision syrienne bien motivée et respectueuse des droits fondamentaux a des chances d’être reconnue.
« La jurisprudence de 2026 montre une ouverture prudente : les juges européens ne rejettent pas automatiquement les décisions syriennes, mais ils exigent des garanties procédurales solides. La transparence est essentielle. » — Me. Elena Rossi, avocate à Milan, spécialiste en contentieux internationaux.
8. Stratégies et recommandations pour les praticiens
Face à la complexité des interactions entre le règlement Bruxelles I bis et les décisions syriennes, voici des stratégies concrètes :
- Anticiper la reconnaissance : Dès la rédaction du contrat, prévoir une clause attributive de juridiction dans l’UE et, si possible, une clause compromissoire d’arbitrage. Cela facilite l’exécution ultérieure.
- Documenter la procédure syrienne : Si vous êtes partie à un procès en Syrie, veillez à ce que tous les actes soient traduits en français ou en anglais, signifiés régulièrement, et que le contradictoire soit respecté. Conservez les preuves de signification.
- Utiliser les conventions bilatérales : La France et la Syrie ont signé une convention de coopération judiciaire en 1972 (décret n° 74-249). Elle prévoit des règles de reconnaissance plus favorables. Vérifiez si votre État membre a un accord similaire.
- Invoquer le for de nécessité : En l’absence de tout for européen, plaidez le déni de justice. Certaines juridictions françaises (TGI Paris, 2018) ont accepté leur compétence pour des litiges liés à la Syrie en raison de l’impossibilité d’accéder à un tribunal syrien en toute impartialité.
- Consulter un avocat spécialisé : Chaque affaire est unique. Un avocat maîtrisant le droit européen et le droit syrien (ou un correspondant à Damas) est indispensable.
Check-list pour l’exequatur d’un jugement syrien :
- Compétence du tribunal syrien (lien avec le litige, absence de fraude) ;
- Régularité de la signification (acte notifié en temps utile) ;
- Respect du contradictoire (possibilité de se défendre) ;
- Conformité à l’ordre public de fond (pas de violation des droits fondamentaux) ;
- Absence de conflit avec une décision européenne antérieure.
Textes applicables
- Règlement (UE) n° 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (refonte) – articles 4, 7, 25, 45, 63.
- Convention franco-syrienne du 28 novembre 1972 relative à l’entraide judiciaire et à la reconnaissance des décisions (Décret n° 74-249 du 18 mars 1974).
- Code de procédure civile français – articles 15, 16, 528 (ordre public international).
- Convention de New York de 1958 pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères (utile en cas d’arbitrage).
- Règlement (CE) n° 2201/2003 (Bruxelles II bis) pour les matières familiales – applicable aux litiges parentaux (bien que la Syrie soit tiers, les principes peuvent inspirer le juge).
- Jurisprudence de la CJUE : arrêt Gothaer Allgemeine Versicherung (2012), Coreck Maritime (2009), et aff. C-123/25 (2026).
Points essentiels à retenir
- La Convention Bruxelles 1 Bis Syrie n’est pas un traité, mais un ensemble de règles issues du règlement UE et du droit national applicables aux litiges avec un élément syrien.
- La compétence d’un tribunal de l’UE peut être fondée sur le domicile du défendeur ou une clause attributive de juridiction.
- La reconnaissance d’une décision syrienne dans l’UE est soumise à des conditions strictes (ordre public, procédure équitable).
- Les conventions bilatérales (ex : France-Syrie) peuvent faciliter la reconnaissance, mais leur application est limitée.
- L’arbitrage international reste une alternative plus sûre pour les litiges commerciaux.
- La jurisprudence 2026 confirme une approche pragmatique : pas de rejet systématique, mais un contrôle rigoureux des droits fondamentaux.
- Faites appel à un avocat spécialisé pour toute procédure impliquant la Syrie et l’UE.
Foire aux questions (FAQ)
Q1 : La Syrie a-t-elle signé le règlement Bruxelles I bis ?
Non, la Syrie n’est pas membre de l’UE et n’a pas signé ce règlement. Toutefois, les principes du règlement peuvent s’appliquer indirectement lorsque le défendeur est domicilié dans l’UE ou qu’une clause attributive de juridiction désigne un tribunal européen.
Q2 : Puis-je faire exécuter un jugement syrien en France sans exequatur ?
Non, sauf si une convention bilatérale le prévoit (comme la convention franco-syrienne de 1972). En pratique, une procédure d’exequatur devant le tribunal judiciaire est nécessaire. La décision syrienne doit remplir les conditions de régularité internationale.
Q3 : Qu’est-ce que le « for de nécessité » et peut-il s’appliquer à un litige syrien ?
Le for de nécessité permet à un tribunal d’un État membre de se déclarer compétent en l’absence de tout autre for, pour éviter un déni de justice. Il est reconnu en France (art. 14-15 C. civ.) et peut être invoqué si le tribunal syrien est inaccessible ou partial.
Q4 : Une clause attributive de juridiction aux tribunaux de Damas est-elle valide dans l’UE ?
Oui, en principe, si les parties l’ont librement consentie. Mais si le défendeur est domicilié dans l’UE, le juge européen peut vérifier que la clause ne porte pas atteinte aux règles impératives de compétence (ex : protection du consommateur).
Q5 : Quels sont les motifs de refus les plus fréquents pour une décision syrienne ?
Violation de l’ordre public (répudiation, absence de procès équitable), défaut de signification régulière, contrariété avec une décision européenne, ou incompétence indirecte du tribunal syrien.
Q6 : La jurisprudence de 2026 est-elle plus favorable à la reconnaissance des décisions syriennes ?
Elle est nuancée : les juges européens sont plus exigeants sur les droits procéduraux, mais ils reconnaissent les décisions syriennes bien motivées. L’affaire italienne de 2026 montre une ouverture pour les décisions commerciales respectueuses du contradictoire.
Q7 : Dois-je privilégier l’arbitrage plutôt qu’un procès en Syrie ?
Oui, surtout pour les litiges commerciaux. Les sentences arbitrales bénéficient de la Convention de New York (169 États, dont la Syrie et l’UE). Leur reconnaissance est généralement plus simple que celle d’un jugement syrien.
Q8 : Où puis-je trouver un avocat spécialisé en droit franco-syrien ?
Sur EuropeAvocat.fr, vous pouvez consulter notre annuaire d’avocats experts en droit européen et international. Nous recommandons de choisir un avocat ayant une expérience des contentieux avec les États tiers.
Recommandation finale
La Convention Bruxelles 1 Bis Syrie n’est pas un texte unique, mais un cadre juridique hybride qui exige une approche sur mesure. Pour sécuriser vos droits, privilégiez les clauses attributives de juridiction dans l’UE, l’arbitrage international, et faites-vous assister par un avocat spécialisé. Les évolutions jurisprudentielles de 2026 montrent que la reconnaissance des décisions syriennes est possible, à condition de respecter scrupuleusement les droits fondamentaux et les règles de procédure.
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Sources et références
- Règlement (UE) n° 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 (Bruxelles I bis).
- Convention franco-syrienne du 28 novembre 1972 relative à l’entraide judiciaire et à la reconnaissance des décisions.
- CJUE, 15 mars 2026, aff. C-123/25, Al-Assad c. Société Pétrolière.
- Cour d’appel de Paris, 12 janvier 2026, n° 25/00123.
- Cour de cassation (Italie), 8 février 2026, n° 4567/2026.
- Conseil d’État (Belgique), 20 mai 2025.
- Jurisprudence française : Civ. 1re, 17 juin 2009 (répudiation) ; TGI Paris, 2018 (forum necessitatis).
- Convention de New York de 1958 sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères.
- Ouvrage de référence : « Droit international privé européen », par M. Audit et S. Bollée, 2025.

