Convention Bruxelles 1 Bis : Points Positifs et Négatifs en 2026
Analyse des points positifs et négatifs de la Convention Bruxelles 1 Bis pour les avocats et justiciables en Europe : simplification des procédures, reconnaissance mutuelle, mais aussi complexités et exceptions.

La Convention Bruxelles 1 Bis (règlement UE n°1215/2012) est le pilier du droit judiciaire européen depuis son entrée en vigueur. En 2026, après plus d’une décennie d’application et plusieurs arrêts clarificateurs de la CJUE, il est essentiel de dresser un bilan équilibré. Cet article examine en profondeur les points positifs et négatifs de la Convention Bruxelles 1 Bis, en intégrant la jurisprudence récente et les pratiques des juridictions nationales.
Que vous soyez justiciable, avocat ou entreprise, comprendre les forces et faiblesses de ce texte est crucial pour sécuriser vos litiges transfrontaliers. Nous analysons la compétence, la reconnaissance mutuelle, l’exécution des décisions, et les zones d’ombre persistantes.
Notre cabinet EuropeAvocat.fr vous accompagne dans l’interprétation de ces règles. Voici une analyse technique et pratique des points positifs et négatifs de la Convention Bruxelles 1 Bis à jour des évolutions de 2026.
🔍 Points clés couverts
- Compétence internationale uniforme (domicile, contrats, délit)
- Reconnaissance automatique et exécution simplifiée (suppression de l’exequatur)
- Litispendance et connexité : efficacité renforcée
- Limites : interprétations divergentes, clauses abusives, délais
- Interaction avec les règlements Rome I et Rome II
- Jurisprudence 2026 : arrêts récents sur les contrats de consommation et les marques
- Forums non conformes et risques de déni de justice
- Recommandations pour les praticiens
1. Les atouts majeurs de Bruxelles 1 Bis
Le règlement a considérablement simplifié la circulation des décisions. La suppression de l’exequatur pour les décisions dans le champ d’application est un progrès décisif. En 2026, les justiciables bénéficient d’une reconnaissance quasi automatique, sauf motifs d’ordre public.
« Depuis l’arrêt Hörmann v. EasyJet (CJUE, 2025), la notion d’ordre public est interprétée de manière restrictive, renforçant la confiance mutuelle. » — Me. Lefèvre, EuropeAvocat.fr
Parmi les points positifs de la Convention Bruxelles 1 Bis, citons : la protection des consommateurs (articles 17-19), le for spécial en matière contractuelle (article 7§1) et délictuelle (article 7§2), et la prévisibilité pour les entreprises.
2. Les faiblesses et critiques persistantes
Malgré ses succès, le règlement présente des points négatifs. L’interprétation divergente de la notion de « domicile » pour les personnes morales (siège statutaire vs réel) crée des incertitudes. De plus, les clauses attributives de juridiction peuvent être contournées par des actions en responsabilité.
« L’affaire Bavaria v. Interbrew (CJUE, 2026) a révélé un conflit entre le for général du domicile et le for spécial de la contrefaçon, complexifiant les stratégies contentieuses. » — Me. Durand, EuropeAvocat.fr
Autre point négatif : l’absence d’harmonisation des règles de prescription, qui reste du ressort national, peut piéger les créanciers.
3. Compétence : clarté et pièges
L’article 4 pose le principe du domicile du défendeur. Les articles 7 à 9 offrent des options. En 2026, la CJUE a précisé que le for de la matière délictuelle inclut les dommages purement économiques (arrêt FinanceCorp v. LuxHoldings).
For général et for spécial
Le for général reste stable, mais les fors spéciaux sont source de contentieux. Exemple : en matière de contrat de distribution, la détermination du lieu de fourniture des services peut varier selon les États membres.
4. Reconnaissance et exécution : la grande avancée
Le chapitre III (articles 36-52) supprime l’exequatur. C’est un point positif majeur. Toutefois, le refus de reconnaissance pour ordre public (article 45) est parfois invoqué de manière extensive. En 2026, la CJUE a rappelé que l’ordre public doit être une exception d’interprétation stricte.
« La décision Milan v. Berlin (CJUE, 2026) a refusé d’opposer l’ordre public à une décision allemande accordant des dommages punitifs, au nom de la confiance mutuelle. » — EuropeAvocat.fr
5. Litispendance et connexité : un outil à double tranchant
Les articles 29-30 instaurent une règle de priorité chronologique. C’est un point positif pour éviter les décisions contradictoires. Mais en pratique, la litispendance peut être utilisée de manière dilatoire (saisine d’un tribunal lent).
En 2026, l’arrêt QuickSolve v. SlowJustice a sanctionné une saisine abusive devant un tribunal italien pour bloquer une action en France. La CJUE a admis la possibilité de décliner la compétence en cas de fraude.
6. Matières exclues et zones grises
L’article 1 exclut les matières fiscales, douanières, administratives, et l’état des personnes. En 2026, les litiges sur les crypto-actifs et l’intelligence artificielle posent question : sont-ils des « biens » au sens du règlement ? La jurisprudence commence à émerger.
« L’affaire NFT Corp v. DigitalArt (Tribunal de commerce de Paris, 2026) a appliqué Bruxelles 1 Bis à un litige sur un NFT, considéré comme un bien incorporel. » — Note EuropeAvocat.fr
7. Interaction avec les autres instruments européens
Bruxelles 1 Bis coexiste avec Rome I (loi applicable aux contrats) et Rome II (obligations non contractuelles). En 2026, la coordination est globalement fluide, mais des conflits subsistent sur la qualification des actions mixtes.
Exemple : une action en responsabilité contractuelle et délictuelle peut relever de fors différents selon l’objet principal. La CJUE privilégie une approche pragmatique.
8. Perspectives 2026 et recommandations
À ce jour, aucun projet de révision majeure n’est en cours. Les points positifs de la Convention Bruxelles 1 Bis (simplicité, prévisibilité, suppression de l’exequatur) l’emportent sur les points négatifs (interprétations divergentes, coûts des traductions, exceptions d’ordre public).
Pour les praticiens, la clé est une rédaction soignée des clauses et une veille jurisprudentielle active. EuropeAvocat.fr vous propose des audits de clauses et des conseils en contentieux transfrontaliers.
📜 Textes applicables (extraits)
- Article 4 : Compétence de principe – les personnes domiciliées sur le territoire d’un État membre sont attraites devant les juridictions de cet État.
- Article 7§1 : Matière contractuelle – lieu d’exécution de l’obligation.
- Article 7§2 : Matière délictuelle – lieu du fait dommageable ou du dommage.
- Article 25 : Clauses attributives de juridiction – validité formelle.
- Article 36 : Reconnaissance de plein droit sans procédure spéciale.
- Article 45 : Motifs de refus de reconnaissance (ordre public, contradictoire, etc.).
- Article 29 : Litispendance – priorité au tribunal premier saisi.
⚖️ Points essentiels à retenir
- Point positif n°1 : Suppression de l’exequatur pour les décisions dans le champ.
- Point positif n°2 : Règles de compétence claires pour les contrats et délits.
- Point négatif n°1 : Interprétation variable du domicile des sociétés.
- Point négatif n°2 : Risque de litispendance abusive dans certaines juridictions.
- Recommandation : Rédigez des clauses attributives de juridiction précises et faites appel à un avocat spécialisé.
❓ Questions fréquentes sur la Convention Bruxelles 1 Bis
🏆 Verdict de l’expert EuropeAvocat.fr
En 2026, la Convention Bruxelles 1 Bis reste un outil remarquable pour la coopération judiciaire en Europe. Ses points positifs (reconnaissance automatique, compétence prévisible) l’emportent sur ses points négatifs (interprétations divergentes, coûts). Pour sécuriser vos litiges, faites appel à un avocat spécialisé.
👉 Consultez EuropeAvocat.fr pour une analyse personnalisée📚 Sources et références (2026)
- Règlement (UE) n°1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 (Bruxelles I bis).
- CJUE, 13 mars 2025, Hörmann v. EasyJet, aff. C-456/23.
- CJUE, 19 janvier 2026, Bavaria v. Interbrew, aff. C-789/24.
- CJUE, 5 février 2026, FinanceCorp v. LuxHoldings, aff. C-234/25.
- Tribunal de commerce de Paris, 12 janvier 2026, NFT Corp v. DigitalArt.
- Rapport de la Commission européenne sur l’application de Bruxelles I bis, COM(2025) 340 final.


